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Les expériences de Tonksounette

Les expériences de Tonksounette

Mes découvertes, voyages et coups de coeur... et beaucoup de Disney !

Lâchez-nous l'utérus ! En finir avec la charge maternelle, Fiona Schmidt

Lâchez-nous l'utérus ! En finir avec la charge maternelle, Fiona Schmidt

Lâchez-nous l'utérus ! En finir avec la charge maternelleFiona Schmidt -  2019

Je prévoyais d'intégrer cette lecture dans l'article de mes favoris de septembre mais vu la longueur de mon avis et l'importance que j'accorde à ce sujet, j'ai préféré lui consacrer un article entier. 

« Tu ne veux pas d'enfants ? Mais comment tu peux en être sûre, t'es encore jeune ! » 

J'ai la chance d'être "encore jeune" et ne pas être dans une relation de trop longue durée pour échapper à la question : "le bébé c'est pour quand ?" mais hélas je n'échappe pas au "pourquoi ?" lorsque je réponds que je n'en veux pas. Parce qu'étrangement, si on ne ressent pas le besoin de justifier un désir d'enfant, on doit justifier un non-désir d'enfant. Et grâce à Fiona Schmidt et son essai extraordinaire Lâchez-nous l'utérus !, j'ai bénéficié d'un grand soutien et d'une bouffée d'oxygène au travers de cette lecture. Un grand merci à ma soeur, mon modèle féminin depuis toujours, pour m'avoir prêté ce livre. Dans la trentaine, en couple depuis 15 ans, elle coche toutes les cases de ce que la société attend d'une femme à ce stade de la vie : couple, bien immobilier, carrière, voyages, Louboutin. A l'exception (qui à mes yeux est insignifiante car j'accorde beaucoup plus d'importance au reste de la liste) de la parentalité. Mais Lâchez-nous l'utérus ! n'est pas un essai qui vise uniquement les femmes qui, comme ma soeur et moi, sont épanouies sans vivre ou désirer la parentalité. C'est un livre qui s'adresse à tous : les femmes, les hommes, les parents, les non-parents, les futurs parents. Parce que la charge maternelle n'est pas que le combat des femmes, c'est tout un système à déconstruire et à reconstruire avec des valeurs fondamentales !

« Tu ne peux pas comprendre, tu n'as pas d'enfants »

Je ne voyais pas mon non-désir d'enfant comme un problème jusqu'à ce qu'un jour, en tant que conseillère en librairie, une cliente d'une cinquantaine d'années à la recherche d'un livre jeunesse me demande si j'ai des enfants, pour la conseiller sur son choix. En répondant que non, je l'ai vue immédiatement se tourner vers ma collègue, maman de deux enfants. J'avais 20 ans, et en associant ma non-parentalité à une éventuelle incompétence professionnelle, j'ai été profondément blessée et le suis encore 7 ans après. Demande-t-on a la sage-femme qui nous accouche si elle a déjà elle-même accouché ? Pourquoi la société nous juge plus compétente dans un métier qui concerne la maternité/parentalité lorsqu'on l'a nous-même vécue ?

« C'est bizarre que tu ne veuilles pas d'enfants, tu les adores ! »

Par la suite de mon évolution professionnelle, j'ai continué de travailler avec des enfants : en agence de garde-périscolaire et en agence d'enseignement privé pour des cours particuliers. Je côtoyais des enfants chaque jour et j'étais épanouie auprès d'eux, qu'ils aient 3 mois ou 12 ans. J'aime leur enseigner des choses et m'enrichir de ce qu'ils ont eux à m'apprendre. La naissance de mon petit frère (j'avais l'âge d'être sa mère) a été le plus beau jour de ma vie, je n'oublierai jamais l'émotion de l'avoir tenu dans mes bras pour la première fois. J'ai un filleul envers qui j'éprouve un amour inconditionnel. Les enfants, je les adore, comme j'apprécie l'être humain à chaque âge de sa vie. Et pourtant, mon entourage est toujours surpris voire choqué quand je leur dit que je ne veux pas d'enfants, que je n'ai pas le désir d'être mère, que j'en ai la phobie et que ce serait la pire chose qui puisse m'arriver. Est-ce que ne pas vouloir d'enfants est plus acceptable quand on montre qu'on les déteste ? D'ailleurs mieux vaut ne pas avoir d'enfants quand on les déteste qu'en avoir et les détester quand même, car, surprise, 100% des parents qui maltraitent leurs enfants ont des enfants ! Logique.

Lâchez-nous l'utérus ! En finir avec la charge maternelle, Fiona Schmidt

Les bienfaits de Lâchez-nous l'utérus !

Si je citais tout ce qui m'a plu, fait réfléchir et inspiré dans ce livre, je le recopierais en entier. Je vais simplement en reprendre les grandes idées et vous inviter vous aussi à le lire à votre tour ! Les idées présentées sont illustrées par des sources scientifiques, démographiques et psychologiques, ainsi que par des témoignages de femmes. 

⇒ Il est grand temps d'arrêter de sacraliser "l'instinct maternel" mais voir la parentalité comme une vocation plutôt qu'un instinct inné que l'on possède par nature. Si désirer un enfant est naturel, ne pas en désirer l'est tout autant ! La nature ne peut plus être un argument dans une société où on ne s'entoure que des choses contraires à la nature pour notre bien-être (les transports, la climatisation, les téléphones pour ne citer qu'eux). 

⇒ Etre maman ne doit pas être considéré comme un métier et encore moins le plus beau métier du monde. C'est du bénévolat, certes c'est du travail mais ce n'est pas UN travail. Dans le statut de maman il n'y a ni rémunération, ni congés, ni syndicat et considérer la maternité comme un emploi fait des non-mères des éternelles chômeuses et dénigre leurs propres jobs (le vrai). Notons que le "métier de maman" n'est jamais transposé au papa.

Il faut en finir avec l'injonction « avoir un enfant, c'est que du bonheur ! » car la dépression maternelle existe et ne doit pas être une honte ou un tabou. Les mamans qui souffrent de leur statut de mère ne doivent jamais en culpabiliser et doivent être considérées, écoutées, aidées.

Arrêtons de sacraliser la maternité et de placer les mères au dessus du statut de femmes. On ne devrait pas être fier de son choix d'être maman. Etre fière de ses enfants c'est une évidence, mais pas du statut de mère. Il n'y a aucune raison d'être honteuse de ne pas avoir d'enfants tout comme il n'y a aucune fierté à se reproduire. Devenir parent reste un choix personnel et la seule chose qui doit nous rendre fière, c'est d'atteindre ses objectifs de vie !

⇒ Arrêtons de voir le non-désir d'enfant comme la conséquence d'un traumatisme. "Si les traumatismes étaient contraceptifs, la planète serait dépeuplée".

Arrêtons de juger le nombre d'enfants que choisit d'avoir une femme. La société considère qu'il y a un nombre acceptable d'enfants par mère, qui se situe généralement entre 1 et 3. Ne pas avoir d'enfant est considéré comme immature et en avoir plus de trois est un manque de responsabilité, pire, une opportunité fiscale. Profitons-en pour arrêter les préjugés infondés sur les enfants uniques du type : "faîtes-en un deuxième sinon il va s'ennuyer, tu vas en faire un pourri gâté...".

⇒ Finissons-en avec l'idée toxique que la souffrance de la femme, et notamment de la mère, est normale et nécessaire. On vit actuellement dans une banalisation de la souffrance sous prétexte que la femme qui la subit n'est ni la première ni la dernière, or il n'y a aucun mérite à souffrir. Le livre met en avant des témoignages de femmes ayant subi des violences gynécologiques (j'ai failli pleurer de certaines horreurs décrites), entre mutilations et opérations non-consenties, comme si le corps de la femme était un objet dont on peut disposer librement, comme si la femme n'existait plus que par son ventre et le bébé qui grandit en elle.

Nous vivons dans une société où l'IVG (Interruption Volontaire de Grossesse) est vue comme immorale, elle est même interdite voire criminelle dans certains pays. Une femme qui subit un avortement doit, en plus du bouleversement psychologique qui en découle, porter sur elle la honte et affronter les jugements d'autrui. En totale contradiction, une femme qui subit une fausse couche n'est pas reconnue justement dans sa souffrance. Il est courant que ces femmes entendent des phrases du type : "ça arrive souvent, c'est pas si grave tu auras d'autres enfants, ce n'était qu'un foetus..." et d'autres phrases très blessantes. Pourquoi un foetus n'est considéré "que comme un foetus" lors d'une fausse-couche, mais comme un être vivant dans le cadre d'un avortement ? 

Je vous invite à réfléchir sur ces différents sujets et à aller plus loin en vous procurant ce livre ainsi que ceux que Fiona Schmidt cite dans sa bibliographie. J'ai mis l'accent sur les points qui me parlent/révoltent le plus mais il y a énormément de pages consacrées à l'inégalité hommes/femmes dans la parentalité qui sont extrêmement intéressantes, ainsi que la charge maternelle des femmes qui culpabilisent de ne pas être "la maman parfaite". Celle qu'on prône sur Instagram et sur les blogs de mamans, qui ont des journées de 72 h pour élever leurs enfants, travailler, faire du sport, cuisiner bio et pour qui tout semble facile et épanouissant !

Dans son essai, Fiona Schmidt nous ouvre les yeux sur un besoin urgent de solidarité entre les femmes, non pas contre les hommes mais contre ces stéréotypes destructeurs. L'idée (pourtant loin d'être difficile à appliquer) consiste à ne plus imposer ses propres choix de vie en opposition aux choix des autres, mais défendre chacun et chacune dans les choix qui leurs conviennent !

N'hésitez-pas à me donner votre avis sur ce livre si vous l'avez lu, ou s'il vous donne envie de le lire ! :)

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Claire 05/10/2020 11:33

Amen !
Avoir des enfants devrait être un privilège. Quand je vois la façon dont certains (ne les) éduquent (pas), ça me révolte !

Alizee 28/09/2020 14:27

Il a l'air super ce bouquin ! Ca peut être pas mal à offrir tiens, j'ai déjà une petite idée de qui pourrait en bénéficier :)

Paolo 18/09/2020 08:19

Je vais ajouter ce livre dans ma wishlist, j'ai bien envie de le lire !

Tonksounette 20/09/2020 16:04

Je te le recommande c'est très formateur !